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19 octobre 2022
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Cet appel à contributions est lancé pour un colloque qui aura lieu les 8 et 9 juin 2023 à l'Université de Nantes. Date limite de soumission des propositions de communications le 1er décembre 2022.

 

Durant ces trois dernières décennies, l’historiographie des relations internationales a été marquée par de profonds renouvellements problématiques et documentaires. Ces renouvellements, qui concernent l’étude des périodes moderne comme contemporaine, se sont orientés dans deux directions principales.

La première a consisté à porter un nouveau regard sur les enjeux et les formes des relations entre puissances, sans se limiter aux échanges bilatéraux entre grands États. L’ascension ou le déclassement des États sur la scène diplomatique, les pratiques de conciliation, de médiation ou d’arbitrage, les formes variées du multilatéralisme, les divers mécanismes d’intégration régionale et d’ « européanisation » des politiques étrangères dans le cadre de la construction européenne, font partie de ces nouveaux champs de recherche, de même que la fabrique des différents outils juridiques, symboliques et institutionnels servant de cadre à ces relations. On s’est également de plus en plus intéressé aux petits États et aux politiques spécifiques qu’ils sont conduits à mettre en œuvre afin de compenser leur faiblesse sur la scène diplomatique, notamment par l’usage de la neutralité, par la pratique de politiques de bascule entre les grandes puissances ou la promotion d’organes d’intégration régionale. La paradiplomatie menée par des acteurs institutionnels infraétatiques comme les villes ou les régions, tantôt en appui de la politique étrangère des États, tantôt en concurrence avec cette dernière, fait aussi partie des phénomènes nouvellement étudiés par l’historiographie. Dans le même sens, la recherche s’est intéressée aux démarches d’acteurs non étatiques sur la scène internationale : pour la période moderne, nobles, factions rebelles, provinces ou régions indépendantistes, mais aussi partis politiques, réseaux d’influence, ONG, acteurs privés issus du monde économique et financier,  Églises et communautés religieuses, ou encore instances émanant d’organisations internationales parfois dotées de pouvoirs supranationaux pour la période contemporaine, qui agissent parfois en électrons libres et perturbent le jeu intergouvernemental. La politique menée par des régimes révolutionnaires, en quête de reconnaissance diplomatique par les puissances étrangères, se situe dans le prolongement de ces questionnements nouveaux qui situent les relations internationales au-delà du simple dialogue entre États.

Le deuxième grand champ de renouvellement historiographique a été consacré aux pratiques concrètes et aux acteurs de la négociation, en portant l’attention sur les individus et leurs parcours, notamment par l’usage des démarches biographique et prosopographique. Il s’est alors agi d’étudier le profil social des négociateurs, leur culture diplomatique plus ou moins partagée à travers l’Europe, leur professionnalisation progressive, ainsi que les normes comportementales qui régissent leur action politique. Ont été aussi étudiées les conditions matérielles du travail diplomatique, notamment autour de l’acquisition et de la transmission de l’information. Cet intérêt pour les aspects concrets a également concerné les pratiques de la négociation. Dans un contexte où se généralisait la pratique du multilatéralisme, la recherche a ainsi donné une place importante à l’entretien diplomatique, y compris informel, ainsi qu’aux relations interpersonnelles entre les diplomates et leur environnement social. Cette volonté de reconstituer dans toute sa complexité la « machine diplomatique », selon l’expression de Jean-Baptiste Duroselle, a également conduit à élargir le spectre des acteurs faisant l’objet d’investigations : au-delà des ministres, des secrétaires d’États et des ambassadeurs, on s’est intéressé à une vaste gamme d’agents diplomatiques, incluant les consuls, les secrétaires d’ambassade, les interprètes, les attachés militaires, les experts et les fonctionnaires internationaux au sein des organisations internationales, ou encore les émissaires plus ou moins officiels d’instances paraétatiques ou non-étatiques.

Les propositions de communications (titre provisoire + résumé de 300 mots maximum + court CV d’une page, dans un seul PDF) sont à adresser, par voie électronique, avant le 1er décembre 2022 aux adresses suivantes.

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