actualités

actualités

en arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales

07 avril 2022
Recherche
Cet appel à contributions est lancé pour une journée d'étude qui se déroulera sur le campus de l’Université Grenoble Alpes le 02 décembre 2022 et en ligne. Date limite de soumission des propositions le 31 mai 2022.

 

Depuis quelques années, la montée des nationalismes et populismes, de tout bord politique, remet au cœur des préoccupations le concept d’identité en lien avec le territoire. Quand certains aspirent à un  « nationalisme centrifuge » afin de préserver l’identité et la supposée pureté originelle du groupe dans un entre-soi, la mondialisation et la suppression relative des frontières depuis plusieurs décennies a permis des déplacements migratoires et culturels faisant de chaque territoire un espace de plus en plus ouvert sur le monde. Ces migrations intraterritoriales ou internationales mettent à mal le lien de la communauté préexistante avec son territoire : elles peuvent renforcer ou fragmenter des identités en constante évolution dans un double mouvement de déconstruction et de reconstruction, de ressemblance et de dissemblance, en fonction de différents facteurs tels que le racisme ou les événements historiques.

            Le contexte espagnol constitue un exemple de choix pour traiter de ces problématiques par sa condition de « nación de naciones ». Dès le XIXeme siècle, la suppression des Fueros au Pays basque et en Navarre, après la dernière guerre carliste, pose par exemple la question du lien entre territoire régional et territoire national. Les Basques voient dans l'abrogation de ces statuts juridiques particuliers, conjugués aux migrations de la fin du siècle, une attaque, si ce n’est une invasion, de la part des Espagnols sur leur territoire. De nombreuses années durant, Sabino Arana considérait l’arrivée de migrants d’autres parties de l’Espagne sur leur terre comme une intrusion néfaste contribuant à la « dégénération » de leur race. 

            Nous souhaitons interroger comment, à partir du lieu de vie, se déploient des imaginaires régionaux basés sur des projections identitaires et comment, dans un second temps, se construit la mémoire du territoire et de sa communauté. Un tel questionnement permettra d’étudier le territoire, entendu comme « portion d’espace contrôlée et appropriée, y compris symboliquement, par une société donnée », en relation avec le processus de construction de mémoires. En effet, le territoire, l’identité et même la mémoire peuvent se fabriquer de toutes pièces à partir de fragments disparates provenant d’individus ou de récits variés. Ces fragments, renvoyant étymologiquement à la dispersion, à la perte, à la désintégration mais également à ce qui est incomplet ou brisé, marquent le récit du sceau de la rupture afin de mettre en lumière ce lien personnel et identitaire qu’un individu singulier entretient avec son territoire. Quelles sont les traces, héritages et représentations qu’un individu ou qu’une communauté considèrent comme fondatrices de son identité ?   

 

Modalités de soumission 
Les propositions d’interventions, comportant un résumé d’une quinzaine de lignes maximum, sont à envoyer avant le 31 mai 2022 à Charlotte Blanchard et David Crémaux-Bouche. Merci d’indiquer vos nom(s), prénom, coordonnées postales, électroniques et votre organisme de rattachement, ainsi qu’une liste de 5 mots-clés accompagnée d’une brève notice bio-bibliographique. Le comité scientifique se prononcera sur les propositions au plus tard à la fin du mois de juin 2022.

liens

Fabula